Informations médicales

Différents types de traitement peuvent être réalisés sur la carotide.

L’angioplastie carotidiennne

Cette technique mini-invasive est mise en œuvre dans des lésions des carotides difficiles à traiter chirurgicalement (récidive de la sténose après traitement chirurgical par exemple, patient à haut risque chirurgical, sténose difficilement accessible chirurgicalement…).
Comme tout geste, cette technique a ses limites et complications théoriques :

  • risque d’hématome au point de ponction (racine de la cuisse)
  • risque d’embolie (migration de débris) lors de la dilatation avec le risque d’accident vasculaire cérébral (mais ce risque est en grande partie diminué par la mise en place du petit grillage – stent – et par la protection d’aval)
  • risque d’occlusion précoce exceptionnel depuis l’utilisation de traitements anti-agrégants qui fluidifient le sang (Aspirine et Plavix).
    A distance la récidive de la sténose (resténose) est d’environ 10 %, comme pour les traitements du même type.
    Cette technique est évaluée par plusieurs études avec de bons résultats à distance. La Haute Autorité de Santé a publié des recommandations en 2007, validant cette procédure dans des situations cliniques et anatomiques identiques à la vôtre.
    Après votre sortie, un traitement médicamenteux comportant de l’Aspirine à petites doses (une fois par jour) et du Plavix (pour une durée de 4 semaines) est obligatoire. Ces médicaments, habituellement prescrits chez les patients traités par cette technique au niveau des artères coronaires, sont nécessaires pour fluidifier le sang.

La chirurgie carotidienne

QUELS SONT LES INCIDENTS ET ACCIDENTS POSSIBLES AU COURS DE L’INTERVENTION ?

En dépit de tout le soin apporté, il peut se produire au cours de l’intervention, des incidents ou accidents qui sont pour la plupart aussitôt identifiés et traités. Il peut s’agir de:

  • Lésions nerveuses. Dans la majorité des cas, il s’agit de contusions nerveuses responsables de troubles passagers, régressifs en quelques semaines :
  • L’atteinte des nerfs sensitifs cervicaux est fréquente et se traduit par une anesthésie de la mâchoire et du lobe de l’oreille.
  • L’atteinte de la branche mentonnière du nerf facial entraîne une asymétrie du visage avec chute de la commissure labiale.
  • Les lésions des nerfs laryngés sont responsables de troubles de la voix et nécessitent un avis spécialisé (ORL). L’atteinte de la douzième paire crânienne entraîne la paralysie de la moitié de la langue et du voile du palais avec gêne à la mastication et à la déglutition.
  • L’accident vasculaire cérébral est en rapport soit avec une mauvaise tolérance du cerveau à l’interruption brutale du flux sanguin soit avec une embolie cérébrale au cours de la dissection des artères ou au cours du rétablissement de la circulation. Il peut s’agir d’un accident limité, rapidement régressif ou d’un accident définitif.
  • Les accidents d’anesthésie sont exceptionnels. Une information spécifique vous sera délivrée au cours de la consultation d’Anesthésie préopératoire.
QUELLES COMPLICATIONS PEUVENT SURVENIR APRES L’INTERVENTION?

Deux complications spécifiques à la chirurgie carotidienne peuvent apparaître dans la période postopératoire immédiate :

  • L’hématome cervical compressif favorisé par l’utilisation des anticoagulants et les fréquentes poussées d’hypertension artérielle. Il se traduit par un gonflement douloureux du cou et une gêne respiratoire. S’il est important, il peut nécessiter une réintervention chirurgicale.
  • L’accident vasculaire cérébral, en règle lié à une embolie cérébrale, nécessite des examens complémentaires en urgence (scanner, écho-doppler) pour décider d’une éventuelle reprise chirurgicale. Le risque neurologique est actuellement inférieur à 3 % dans les équipes spécialisées.
  • Les douleurs cicatricielles sont rares et parfois en rapport avec la survenue d’un névrome sur les branches du plexus cervical superficiel. Ces douleurs peuvent justifier une consultation spécialisée afin de déterminer la prise en charge la plus adaptée à chaque cas (antalgiques, infiltrations, reprise chirurgicale).

A distance, les résultats de cette intervention sont globalement bons avec un risque de resténose commun à toutes les interventions sur le système artériel. Cette resténose est liée à une mauvaise « cicatrisation » de l’artère qui se rétrécit progressivement. Ce risque est maximum au cours de la première année, son mécanisme et sa prévention ne sont à l’heure actuelle pas établis.

Cette information n’a pas pour but de vous inquiéter mais de vous informer et de vous faire prendre conscience qu’il n’y a pas de petite intervention chirurgicale. Par ailleurs, soyez sûr que l’intervention chirurgicale qui vous est proposée est une décision réfléchie et motivée qui tient compte du rapport bénéfice/risque pour vous-même.